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Comment former la nouvelle génération qui éclairera, avec sobriété, nos espaces à vivre ?”

30 septembre 2021

“L’enseignement de la lumière est-il dispensé dans les écoles d’architecture ?” Question provocante à laquelle, pour y répondre avec précision, il conviendrait de réaliser l’inventaire exhaustif des enseignements pratiqués dans toutes les écoles de France et vérifier chaque programme ; l'Etat et l’Ordre des architectes reconnaissant 22 écoles, les ENSA, l’ESA et l’INSA. Mais l’examen des programmes ne retranscrit pas forcément ce qui se passe dans les ateliers, ni à l’échelle de l’enseignant qui peut, de sa propre initiative, traiter le sujet de façon ponctuelle ou continue. La complexité résulte d’un nombre important de paramètres à prendre en compte. A savoir : la définition du sujet, les structures d’enseignement, les programmes, les individus, le matériel, la temporalité et la structuration de réseaux. Laurent Lescop, professeur à l’ENSA (Ecole Nationale Supérieure d’Architecture) de Nantes, s’y est employé.

 

 


Exercice melange fondamentales ENSA Nantes ©Laurent Lescop

Lors d’exercices à partir des sources RVB, les étudiants découvrent les potentiels esthétiques et créatifs de la lumière additive. La manipulation des sources permet d’avoir un résultat rapide, des simulations informatiques sont ensuite réalisées pour comparer les résultats réels et  numériques. 

 

 

Si l’on se réfère à la fameuse citation de Le Corbusier l’architecture comme « le jeu savant, correct et magnifique des volumes assemblés sous la lumière », il est facile d’admettre que la lumière est au centre des préoccupations des architectes puisqu’elle est la définition même de leur spécialité. Une petite ambiguïté se cache cependant : pour Le Corbusier, il s’agit de lumière naturelle bien plus que de lumière artificielle. Si le célèbre architecte suisse, de son vrai nom Charles-Edouard Jeanneret-Gris, est connu pour son intégration, comme outil de conception, de la course solaire et des effets des formes et orientations portant sur la qualité de ses projets, il est beaucoup plus discret sur l’éclairage artificiel que ce soit en intérieur ou en extérieur. “Cette dichotomie “naturel/artificiel'' caractérise précisément la pensée et les manques des écoles d’architecture et des propositions construites” considère Laurent Lescop.

 

 


@jakub charlievwicz

Lors d’un workshop international, des étudiants des écoles d’architecture de Gdansk (Pologne), Hambourg (Allemagne) et Nantes (France) ont pu découvrir de la conception lumière, par le biais notamment d’une installation éphémère dans l’espace public, sur l’île de Nantes. Le projet a été mené à bien grâce au service Epice de Nantes Métropole.

 

 

Surpasser les malentendus

“Cette rupture dans la pensée de conception mène le projet jusqu’au seuil de la nuit, mais le retient ensuite pour ne le retrouver qu’à l'aube", poursuit-il. Pour le vérifier, il suffit de feuilleter les revues professionnelles d’architecture pour constater la rareté des illustrations nocturnes. La conception lumière est donc une suite de malentendus, entre les architectes et les professionnels de l’éclairage, entre un matériau artificiel et un matériau naturel, entre une démarche structurant la forme et une autre venant l’habiller. “Si la lumière artificielle vient enrichir la forme existante, elle en devient donc une forme de décoration, ce qui la relègue, de fait, au second plan”. Les enseignants architectes sont imprégnés de cette façon de voir et les répercutent aux étudiants... ce qui explique l’absence du sujet dans les cursus.

 

“Il s’agit d’un premier enjeu capital”. Au croisement des questions de bien-être, d’esthétique, d’écologie, d’économie, de pratiques et d’usages, de confort, de sécurité et de santé, la lumière artificielle, s’accordant à la temporalité de lumière naturelle, ne peut être considérée comme un décor que l’on vient plaquer, après coup, mais bien comme une conception globale, première et structurante du projet, quel qu’en soit l’échelle. “Son enseignement, d’essence pluridisciplinaire, réclame donc une approche particulière et un programme adapté”.

 

Article rédigé par Laurent Lescop -enseignant à l’ENSA de NANTES, architecte dplg et docteur en sciences- et extrait du dossier ‘Formation à l’éclairage’ paru dans le n° 311 de LUX -la revue de l’éclairage, des équipements connectés et des services associés-.

 

A retrouver en intégralité, à partir de la page 25, en cliquant ici.

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